Dis Jacques, tu sais où on a mis les épices pour le concours cuisine lorsqu’on a préparé les sacs pour le camp ? Non Pierre, je crois que c’est Paul qui était chargé de les apporter, c’est lui le cuisto ! A non, c’est pas mon rôle çà. Moi je me charge de faire la cuisine pas de fournir les ingrédients, c’est le PA intendant donc toi Pierre…
Ce genre de discussion, tu vas sûrement l’entendre pendant le camp, alors pour éviter les ennuis de dernière minute, prends les
devants !
Tout d’abord fais-toi une bonne liste du matériel de patrouille nécessaire : Matériel de campisme (tente, tapis de sol…) ;
Matériel de froissartage (hachette, scie…) ; Matériel de cuisine (gamelles, torchons…) ; Matériel de topo (cartes, rapporteur…).
Ensuite vérifie avec chacun des responsables des postes d’action de la patrouille qu’ils ont bien compris leur mission.
Redéfinit avec chacun d’eux le rôle que tu veux qu’il joue.
Pendant le camp, fais jouer un maximum les postes d’actions. Mets-toi en retrait. C’est eux qui sont responsables d’une mission
et pas toi. Sois là pour tirer les leçons des échecs, pour féliciter des réussites.
Sois surtout un chef charitable qui aime ses garçons et qui cherche à les conduire vers « le camp du repos et de la joie ».
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Marcher devant ! Toujours devant ! |
C'est reparti, le grand camp de juillet dernier est bien au fond du sac, une belle année scoute te tend les bras...

Que tu t'accroches à ton staff depuis deux ans ou que depuis quelques jours tu portes celui que tu as reçu de ton CP qui monte
à la route, c'est toi aujourd'hui qui porte les deux bandes blanches du CP.
Tes chefs te confient six ou sept garçons, cette confiance n'est pas usurpée. Choisi par tes chefs, désiré et reconnu comme chef
par tes garçons, tu es à leur tête. Alors tes garçons, tu les regardes avec attention et bienveillance.
Eux te regardent, tu es leur chef.
Pour le petit loup qui monte de la meute, le CP est celui qui sait, celui auquel rien n'est impossible.
Pour le nouveau qui fait ses premiers pas, le CP est le seul repère.
L'un comme l'autre, ex-petit loup ou nouveau, se mettra en quatre pour essayer de satisfaire tes demandes. Alors tu n'exiges rien
qui ne soit à sa mesure.
Il se sait petit éclaireur aux premières marches vers la promesse ; alors tu le pousses, fermement, pour qu'il se dépouille de
l'enfant qu'il ne veut plus être.
Il se voit grandir dans le scoutisme et porter un jour des bandes blanches ; alors tu ne le déçois pas, tu ne trahis pas ses
attentes.
Soit, CP, totalement tourné vers tes garçons qui te regardent ; mais soit tourné vers eux pour les servir. Tu apprends à les
connaître, à les comprendre.
Chacun de tes garçons porte en lui des
richesses, des compétences qui ne demandent qu'à s'exprimer. Dans ton choix des postes d’action, que chacun trouve sa place pour
sa progression personnelle et le bien de la patrouille.
Ils joueront toutes les aventures de la patrouille, pour peu que tu ne leur demandes pas de jouer un rôle pour lequel ils ne
sont pas faits.
Alors avant de figer les rôles de chacun prend le temps de les observer, de les comprendre. Avec ton chef de troupe, tu partages
tes impressions et tu lui demandes conseil. Attends quelques activités et sorties pour prendre une décision qui placera chacun
de tes garçons en situation d'assumer ses responsabilités au sein de la patrouille.
Ce ne sera pas du temps perdu et, s'il faut modifier un choix initial, tu le fais sans hésiter pour le bien du garçon et celui
de la patrouille.
CP, au service de ta patrouille, tu es au service de chacun de tes garçons. Il est unique et tu dois lui apporter une attention
unique.
Unique aussi, l'ancien qui t'a connu SP ou 3ème de la pat. Mais maintenant c'est en frère aîné que tu veilles sur lui, tu le
connais : pas de copinage, mais une saine complicité pour l'aventure scoute.
CP, au service de ta patrouille, soit généreux pour tes garçons.
Seigneur Jésus, apprenez-nous à être généreux...

Précédemment, CP, je te demandais d’être généreux pour ta patrouille. Allons plus loin.
Etre généreux c’est donner largement, sans compter, comme nous l’enseigne la prière scoute. Une générosité concrète au service
de ta patrouille, qui ne soit pas qu’une vague intention.
Etre CP, c’est se donner largement dans le temps.
Oui, c’est sur tes loisirs que tu prends le temps de tes activités de chef de patrouille. Tu n’es pas CP au détriment de tes
devoirs d’état. Ce n’est pas du temps que tu pièges au hasard de ton calendrier mais du temps voulu, planifié au même titre
que le temps que tu dois à ta famille, au lycée, au sport et aux amis.
Et en plus il te faut gérer l’imprévu, l’appel téléphonique de ton second ou le conseil attendu par le 4ème de pat qui ne sait
comment se dépatouiller d’un camarade de classe encombrant…
Accorder du temps aux choses importantes, savoir mettre au second plan ce qui n’est pas essentiel. C’est dans la durée qu’il
faut tenir, au fil des difficultés et des réjouissances.
Etre CP c’est se donner largement en énergie.
Oui, ton énergie physique, morale n’est pas illimitée. Alors il faut que tu saches faire des réserves de cette énergie dont
tu as tant besoin pour toi, pour ta famille, pour ta patrouille.
Un rythme de vie tonique, une nourriture équilibrée et sans excès, des nuits réconfortantes. Peut-on envisager un CP fatigué,
inapte physiquement, timide de ses forces et vidé de ressort moral ?
Etre CP, c’est se donner largement en prières.
Chaque soir, invoque les anges gardiens de tes garçons pour qu’ils veillent sur ceux qui te sont confiés. Oui, chaque soir,
c’est ta patrouille qui doit être présente dans ta prière. Là est une de tes toutes premières obligations, car c’est dans ta
patrouille, unis par la promesse scoute, que tes garçons décident de se conformer à la Loi Scoute pour grandir dans le plan
de Dieu.
Alors, être CP, c’est demander par la prière la force dont tu as besoin pour porter généreusement une charge qui dépasse
tes possibilités immédiates. Tu sais en ton for intérieur ta valeur et tu te sais faible. Si ta prière est sincère, les grâces
que tu recevras feront ta force.
CP, Tu pries pour toi.
Tu pries pour tes garçons.
Tu pries avec tes garçons.
Pour ma part, une de mes joies scoutes est de prier pour toi.
Cher CP,

Nous sommes en hiver, je ne t’apprends rien, et contrairement à l’ours qui hiberne, tu ne dors pas. Tu affrontes les frimas
hivernaux, qui viennent avec hardiesse, te chatouiller les mollets. Donc, tu ne dors pas et tu utilises à bon escient cette
période ensommeillée de l’année pour préparer le camp.
Tu me rétorqueras que le camp ne commence que dans quatre mois, que tu as largement le temps de préparer ta patrouille.
En es-tu bien sûr ? Gouverner, c’est prévoir, alors profite du temps qui t’est donné pour t’organiser.
Le camp n’est pas demain, certes, mais il est après demain ! Voici quelques petits conseils pour élaborer ton calendrier.
Tout d’abord, le matériel.
L’hiver est la saison propice au rangement du local. A défaut de local, c’est le temps idéal pour réunir le matériel de ta
patrouille. Une fois ce matériel réuni, commence par un grand nettoyage. Même si tu as bien rangé et nettoyé les outils de ta
malle après le grand camp d’été, un petit coup d’eau et de chiffon, remettra le matériel en état de bon fonctionnement.
Ta malle comporte un matériel très différent : des outils de froissartage, le nécessaire à feu, les gamelles de patrouille et
parfois des affaires de cuisine… tout cela dans un joyeux mélange. Une fois que tu as sorti et lavé le matériel, fais un
inventaire de tout ce que contient ta malle. Notes-en le contenu sur une grande feuille que tu scotcheras à l’intérieur de
ta malle. Cet inventaire te permet de voir ce qui te fait défaut. Tu peux ainsi estimer le budget nécessaire pour acheter les
éléments manquants.
Range maintenant le matériel : les outils sont graissés et enroulés dans du papier journal ; les aliments de cuisine sont isolés
du reste, dans une caisse en plastique ; le papier journal, le papier toilette et les allumettes sont dans des sacs plastiques,
isolés de l’humidité. De même pour le liquide vaisselle et les éponges bien sèches. Tu peux également rajouter dans ta malle
un fond de déguisements pour les veillées et le matériel d’orientation, présent dans ta trousse topo : papier, crayon, crayons
de couleur, gomme, règle, rapporteur.
Penchons nous maintenant vers l’organisation pratique du camp. Ton chef va bientôt te dévoiler le thème du camp, ainsi que les thèmes de veillées et de concours cuisine. Répartis les tâches à tes patrouillards en fonction des postes d’action et des charges de patrouille. Veille à ce que chacun assume les responsabilités de sa tâche. Fixe avec ta patrouille un calendrier de préparation des activités du camp. Tu as quatre mois pour te préparer, alors n’hésite pas à étaler les préparatifs sur l’ensemble des activités de patrouille.
| Voici un petit récapitulatif des tâches propres à chaque poste d’action dans la préparation du camp. | ||
|---|---|---|
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Intendant : Rédige un cahier de recettes simples pour agrémenter l’ordinaire du camp. Carnet de proportions. Prépare le menu et les proportions pour le concours de cuisine. |
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Topographe : Etudie la carte du lieu de camp. Se renseigne sur la région du lieu de camp : reliefs, paysages, sites culturels, patrimoine. Prépare dans la trousse topo le matériel nécessaire à l’exploration. |
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Liturgiste : Prévoit un carnet de prières pour la patrouille, pour les prières du matin et du soir (qu’elles soient en patrouille ou en unité). Dessine un plan de l’oratoire. |
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Ami de la nature : Prépare un topo sur la faune et la flore de la région. |
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Pionnier : Vérifie que tout le matériel est prêt et en bon état de fonctionnement. Prépare les plans et maquettes des installations, les soumet à la patrouille et s’assure de la disponibilité du matériel nécessaire (pitons en nombre suffisant pour le PH !) |
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Boute en train : Dirige la préparation des veillées programmées. Apprend à sa patrouille des danses et des chants. Prévois un fond de déguisements. Rédige un court carnet de chants, bans, canons, jeux. |
Voici donc de quoi occuper tes prochaines réunions de patrouille. N’hésite pas à déléguer, à confier de vraies responsabilités, à faire confiance. Ainsi, la préparation du camp sera un véritable travail de patrouille !
Des rires et des chants…

Dans quelques jours, ce sont les aventures du grand camp qui capteront toute ton attention, ton énergie.
D’explorations en olympiades, de grand jeu en concours de cuisine, tu mèneras ta patrouille pour que, de luttes fraternelles
en victoires, tes garçons, tes filles avancent et progressent.
Tout est en place sous forme de croquis et de projets partagés par tous au sein de la patrouille.
Tout est prêt et il t’appartient de mettre en route ta patrouille pour gagner ce grand camp.
Alors tout ne sera que mouvements et compétitions, rires et chants.
C’est dans de vives clameurs que les victoires s’inscrivent. C’est d’une voix forte et claire que la Promesse est prononcée.
Oui? un camp scout est sonore, bruyant parfois, mais toujours ordonné.
Le soir venu le camp est calme, le silence s’installe et toi CP, en paix avec chacun de tes garçons ou chacune de tes filles,
tu veilles sur ce silence précieux. Le camp s’endort, chaque chose est à sa place, ce n’est plus le temps de l’action mais
celui du repos.
C’est toi, CP, qui donneras à ta patrouille le sens de ce qui relève de l’action physique, avec ses cris de joie ou de peine et
de ce qui relève du calme et du repos. Tu donnes sa place à l’oraison ; aux tumultes des jeux succèdent le bruissement du vent
et le cheminement de l’eau en un chant limpide et clair.
Terminer la veillée par un chant calme est une évidence. Imagine-t-on terminer la journée par une sioule avant d’aller se
coucher ?
Passer de l’action au repos par « le retour au calme » est une volonté, un choix, celui de la recherche d’un équilibre, d’un
ordre : « le scout, la guide est maître de soi… »
Le silence est indispensable au repos des corps et à l’éveil des âmes. Tes scouts, tes guides ont-ils des occasions de le goûter
en dehors des camps ?
Que dire de l’habitude de certaines unités, de prolonger indéfiniment les CDC, lorsque les scouts ou les guides sont couchés ?
D’abord, les patrouillards ne sont pas dupes et l’autorité des chefs n’en sort pas grandie. Mais surtout, quelle chance gâchée
de se laisser gagner par le grand silence de la nuit !
C’est toi, CP, qui feras découvrir le sens du silence. C’est toi qui feras le choix, pour ta patrouille, du bruit, du désordre ou
du silence de scouts ou de guides en paix avec eux-mêmes et leur Seigneur.
Loin des tumultes de la ville, des confusions de la vie moderne, au camp, nos rires et nos chants sont vrais. Que le silence du
soir, réconfort des corps, soit une prière joyeuse et sereine.
« Seigneur et chef Jésus-Christ, qui malgré ma faiblesse, m’avez choisi pour chef et gardien de mes frères scouts… »

Dès les premiers mots de la prière des chefs, le chef de patrouille est désigné pour ce qu’il est. Un jeune homme, une jeune
fille, souvent assez jeune, démuni de la force et de l’expérience qui fait l’adulte.
« Malgré ma faiblesse »… espérer !
En ce début d’année scoute, la tâche qui t’attend est vaste : efforts pour entraîner tes garçons, tes filles, mais aussi volonté
pour te former, et cette attention toute particulière que tu dois accorder au petit dernier, tout juste issu de la meute…
Et en plus la fraternelle pression du CT, sans oublier celle du conseiller religieux…
Et comment, à la fin de l’année, gagner le camp…
Et cette première classe qu’il me faut passer en avril prochain.
Et…. et j’allais oublier l’année scolaire… et tous les rêves que je transporte au retour des vacances.
Stop…
La tâche est énorme. Être jeune scout ou jeune guide et CP, relève de l’insulte à l’inexpérience de la jeunesse !
Oui, CP, je suis faible.
« Malgré ma faiblesse (Vous) m’avez choisi pour chef et gardien »
CP, tu ne l’es pas par hasard. S’il est vrai que ce sont tes chefs qui t’ont choisi, ils l’ont fait après réflexion et prière,
sur tes compétences, sur le chef, la cheftaine en devenir, qu’ils voient en toi, qu’ils espèrent.
Ces compétences, ce chef naissant que tu es, rien de tout cela n’est de ta volonté ou de ton choix, mais c’est le fruit des
dons que le Seigneur t’a offerts.
CP, tu l’es non pour toi-même mais pour tes patrouillrds et pour Dieu, pour accomplir ce que tu dois, selon la loi scoute.
Ainsi doté, paré, choisi, c’est avec confiance et plein d’espérance pour tes garçons ou tes filles et toi-même que tu vas porter
le staff de la patrouille.
Chef et gardien… ; mener, diriger, protéger, défendre… ; aimer ?
La prière et les sacrements t’apporteront les grâces nécessaires.
Que tes garçons ou tes filles soient ton souci premier, ce point de mire vers lequel convergent tous tes efforts, toute ta prière.
CP tu as charge d’âmes…
Alors hauts les cœurs ! L’année nous attend, au fil des semaines de Noël à Pâques jusqu’au grand camp, nous déclinerons la prière
des chefs.
Cher CP, ton année scoute est maintenant bien commencée, ta première activité de patrouille est loin derrière toi, les vacances
de la Toussaint t’ont accordé une petite pause et celles de Noël sont imminentes.
Bientôt (ou déjà), tu seras investi chef de patrouille, c’est-à-dire reconnu officiellement comme serviteur de ta patrouille et
serviteur de Notre-Seigneur, comme responsable de tes actes… Tu as été choisi pour être CP lors des cours d’honneur du grand camp
dernier. Tes chefs t’ont estimé responsable a priori.
Responsable, quelle folie !

Responsable aux yeux de Dieu, de tes chefs, de tes patrouillards, des parents de tes patrouillards. On te considérera comme
responsable si l’on peut avoir confiance en toi, en ta parole, en tes actes. « Faites que ma parole et mes exemples conduisent
la marche de mes patrouillards aux sentiers de votre Loi. » Toi-même, dans la prière des chefs, tu demandes au Seigneur de t’aider
à tisser ce lien de confiance indispensable à l’avancée de la patrouille.
« Faites que ma parole… », « Sais-tu que ton honneur est de n’avoir qu’une seule parole sur laquelle les autres doivent pouvoir
compter ? » (Cérémonial de la Promesse) Ta parole doit être un roc, elle doit être source de confiance, tes patrouillards
t’écoutent et obéiront à ce que tu leur diras. Tout commence souvent par une parole forte. Souviens-toi du dialogue entre un
ange envoyé de Dieu et une jeune fille. Elle l’écoute, elle a confiance et répond avec humilité ce « oui » qui nous conduit à
la crèche.
« Ma parole et mes exemples ». Ta parole est liée à tes actes. Dans le scoutisme, l’adage « Faites ce que je dis, pas ce que je
fais » n’est pas de mise. Tu ne peux dissocier ce que tu dis, ce que tu exiges de tes patrouillards et ton propre comportement.
Tu serais illogique avec toi-même et décevrais ceux qui te regardent avec une secrète admiration. Tu dois être un exemple pour ta
patrouille. Tu peux te tromper, parce que l’erreur est humaine, mais tu dois corriger le cap à chaque fois que tu as conscience
d’avoir failli.
Associe donc exemple avec humilité. Prends pour modèle notre Mère du ciel. Son humilité et sa simplicité lui ont permis de
traverser bien des épreuves ; elle était dans le dessein de Dieu. Tu connais ta faiblesse et tu sais que tu ne seras un exemple
que dans la mesure où tu pries et tu trouves la confiance en Celui qui est confiance et miséricorde.
Regarde la fin de l’extrait de la prière des chefs que nous avons citée. Tu veux conduire ta patrouille aux sentiers de la Loi
du Seigneur. Ce sont des sentiers, non pas des routes, de grandes routes. Un sentier, un chemin à la mesure de tes capacités,
un petit chemin caché mais utile pour avancer. Rappelle-toi que tu n’es pas là pour toi mais au service de tes frères ou sœurs
et que tant que tu n’as pas tout donné, tu n’as rien donné. Alors confiance, exemple et humilité…
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« Si le fardeau est trop lourd pour toi, penses aux autres. Si tu ralentis, ils s’arrêtent, si tu faiblis, ils flanchent, si tu t’assois, ils se couchent, si tu doutes, ils désespèrent, si tu critiques, ils démolissent. Si tu marches devant, ils te dépasseront, si tu donnes ta main, ils donneront leur peau et si tu pries, alors ils seront des saints. » (Michel Menu) |
Bien cher CP, le printemps est de retour, avec ses bourgeons, ses fleurs fraîchement écloses et ses oiseaux chantants. Bientôt,
tu partiras avec ta patrouille en camp de Pâques, en week-end de préparation du camp, bientôt !
Et toujours la nature t’accompagnera et te servira de cadre pour planter ta tente. C’est une des bases du scoutisme : la
nature est ton terrain de jeu scout. Toi, CP, as-tu déjà pleinement réalisé que cet immense terrain de jeu scout est un don
de Dieu, que c’est sa création dans laquelle tu dois grandir et faire progresser ta patrouille ? Oui me diras tu…
La loi scoute te le rappelle, en son article 6 : « Le scout voit dans la nature l’œuvre de Dieu, il aime les plantes et les
animaux. »
Cet article n’est ni anodin ni « fleur bleue ». Il doit susciter en toi attitudes et sentiments.
Respecter
Attitude de respect qui t’amènera à protéger la nature en tant que don. Tu dois, lors de chacune des activités de patrouille,
montrer l’exemple et inciter tes patrouillards à respecter la nature. Concrètement, lorsque tu quittes ton lieu de camp, tout
doit être aussi propre, voire bien plus, que lorsque tu es arrivé. Aucun papier ne traîne, les poubelles sont ramassées, le
feu n’a laissé aucune trace. Si tu as fait une activité de froissartage ou toute autre activité qui peut laisser des traces,
tu prends soin de tout ramasser et de tout remettre en place. Fidèle au principe de subsidiarité, tu montres l’exemple mais
aussi et surtout tu délègues. Ce sont des règles de base, de bonne conduite scoute, de savoir vivre. Les propriétaires du lieu
garderont un bon souvenir de cette patrouille qui s’est faite discrète et n’a laissé aucune trace.
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Protéger
Le respect donc, mais aussi l’envie de protéger la nature. Lorsque tu vas choisir ton coin de patrouille, scrute avec tes
patrouillards les moindres détails du lieu. Un jeune chêne qui pousse, un nid dans un peuplier, des jonquilles sauvages.
Laisse ces trésors que le Seigneur te donne, admire cette nature si vivante et plante ta tente un peu plus loin ! Nous
parlons beaucoup flore mais il ne faut pas oublier la faune. La patrouille prendra soin de ne pas briser l’écosystème dans
lequel elle a planté sa tente. Point de cruauté et beaucoup d’observation : c’est le message que toi, CP, tu dois faire passer
à tes patrouillards.
Admirer
Nous parlons d’observation mais toi, tout scout que tu es, tu vois dans la nature bien plus que le terrain de jeu, de vie ou
d’exercice de ta vie scoute. Cette beauté que le Seigneur met devant tes yeux, tu dois l’admirer. Rien n'est plus capable de
susciter et d'entretenir les sentiments que la contemplation des grandes œuvres de Dieu au milieu desquelles se déroule
notre vie scoute. Toutes les créatures nous invitent à penser à Celui qui les a faites ; elles nous conduisent à admirer sa
Puissance, sa Bonté, son Intelligence, son Amour.
Le Scout doit vivre dans cette proximité habituelle de Dieu notre Père, dans cette disposition habituelle de lui rendre
l'hommage qui lui est dû. La nature est aussi un moyen de mieux connaître Dieu notre Père. CP, arrête ta patrouille devant un
coucher de soleil et apprends à rendre grâce lorsqu’un paysage magnifique s’offre devant vous. Lorsque ton cœur est gonflé de
cette nature si belle, entonne alors un magnifique Cantique des Créatures…
Pour toi CP, quelques jalons de méditation…

Choix de suivre la Loi Scoute.
Amour fraternel de tes patrouillards.
Technique, compétences pour servir.
Humour et joie dans les difficultés.
Oubli de soi-même.
Liesse et joie dans l’observance de la loi Scoute.
Intelligence au service de la charité.
Que sa volonté soit faite.
Une seule prière.
Echo de la Parole de Dieu.
CP tu dois traduire en actes, en gestes, en signes ton attachement à l’Église Catholique. Un CP catholique a le devoir, avec
ses chefs, d’éduquer ses patrouillards dans la foi catholique.
Le carnet de progression développe des pistes (blanches) pour le cheminement droit des garçons ou des filles de ta patrouille,
mais c’est toi le CP qui donne l’impulsion, le rythme de la pratique par l’exemple et l’entrain dans ce que tu fais.
Le matin, dès le réveil, avec la patrouille, une prière, acte premier : remerciements pour la bonne nuit passée et offrande du
jour nouveau.
Benedicite et grâces qui rythment les repas.
Angelus qui rythme le fil des heures.
Prière du soir, tu remets entre les mains du Seigneur les garçons ou les filles qui te sont confiés.
Et ces moments de la journée, qu’un « Deo gratias » peut ponctuer. Ils sont nombreux ces temps où, seul avec tes patrouillards,
tu peux les inviter à prier. Sois volontaire et simple dans cette prière. Tu offres les préoccupations et les joies de la
patrouille avec tes mots qui sont aussi les leurs. Le Christ accueille et aime ces prières spontanées.
Dans le coin de patrouille, l’oratoire, de construction soignée ; qu’il ne soit pas à la périphérie mais bien au centre de la
vie de la patrouille.
Faut-il conclure en affirmant que le camp sera du premier au dernier jour une louange permanente ? Je sais bien que quelques «
coups de gueule » et autres gros mots viendront accidentellement assombrir la limpidité spirituelle du camp.
Si le CP prie en patrouille, la prière du camp sera belle et le camp sera une prière…
Le conseil de patrouille
Cher cp

L’année et ses activités scoutes ont repris et la Cour d’Honneur t’a choisi pour être CP, c'est-à-dire « responsable devant Dieu
de tes patrouillards ». Au cours de cette cérémonie, ton chef t’a
demandé : « Es-tu prêt à conduire ta patrouille avec douceur et humilité ? » Et tu as
répondu : « Oui chef ».
Douceur, humilité, ces mots sont des expressions de la charité, thème de ton année scoute.
Dans le scoutisme, la charité est omniprésente, mais les lieux où elle s’exprime par excellence sont les différents conseils :
conseil de patrouille (CDP), conseil des chefs (CDC).
Bien souvent animer un CDP n’est pas chose
facile… Il est fréquent d’entendre les patrouillards, lassés de CDP mal préparés, s’exclamer : « A quoi cela sert-il ? On n’a
rien à se dire ! C’est du temps perdu. » En effet, mal employé, ce moyen mis à ta disposition pour élever ta patrouille et vous
faire progresser, peut faire des dégâts : mauvais esprit, ragots...
Tu sais aussi bien que moi que les CDP ont leur importance et qu’employés à bon escient, c'est-à-dire de façon scoute, ils
s’avèrent très utiles et efficaces et favorisent la bonne marche de ta patrouille, de ta troupe ou de ta
compagnie.
Le maître mot du CDP n’est autre que « charité ».
Voici quelques pistes, qui t’aideront à mener à bien tes CDP cette année :
Avant tout, le CDP doit être prévu dans ton
programme du week-end et non « boucher un trou » quand tu as 15 minutes devant toi !
Ensuite il doit être organisé et suivre un
déroulement précis.
Les participants : tous tes patrouillards qui ont prononcé leur allégeance et, éventuellement,
quelques invités.
Le CDP débute et finit par une prière. (Prière scoute ou au saint patron de la patrouille par exemple).
Le CDP est un moment solennel qui se déroule dans le calme et le respect.
En cas de doute ou de discussion, tu dois toujours te référer à la loi scoute, aux principes et à la promesse.
Il existe 3 schémas envisageables pour animer un CDP :
1) Tu as pris une décision et tu réunis tes patrouillards pour les informer.
2) Après avoir donné ton avis sur une situation exposée, tu demandes celui de tes patrouillards.
3) Tu exposes une situation et tu laisses tes patrouillards parler.
La troisième solution, tu l’as bien compris, est celle qu’un CP digne de ce nom doit choisir, mais le plus difficile reste à
faire, animer le débat !
Pour cela il faut s’organiser et traiter les problèmes dans l’ordre. Il est important de réglementer la prise de parole en
instaurant des règles du jeu, qui sont toujours des règles de courtoisie, c'est-à-dire de charité : ne pas couper la parole à
la personne qui parle ; lorsque des reproches sont faits, ne pas chercher à tout justifier ou tout contredire…

Rappelle qu’avant tout, tes patrouillards doivent s’écouter !
Je te suggère d’utiliser la méthode suivante : exposer le problème, rechercher des solutions, en choisir une et agir.
(voir ci-contre).
Le cérémonial du CDP est important. Il fixe un cadre. Je me permets donc de te rappeler que le CDP n’est pas un goûter convivial
ni une arène dans laquelle on lâche des fauves, mais un lieu de discussion et de prise de décisions.
Le conseil de patrouille est un lieu d’entraide fraternelle pour stimuler les volontés et, éventuellement, relever les
déficiences.
N’oublie jamais qu’en tant que chef et grand frère ou grande sœur, tu es responsable de ceux que tu conduis et que ton exemple
est primordial. « …si tu ralentis, ils s’arrêtent, si tu critiques, ils démolissent…. »
Il t’arrivera d’avoir à prendre des décisions difficiles, à corriger un de tes patrouillards. Ta première et ta seule motivation
est d’être juste.
Quant à toutes les paroles dites en CDP (et même en dehors) souviens-toi qu’elle doivent être utiles, vraies et dites avec
charité, même si elles contiennent des reproches ou des éléments négatifs !
Bonne rentrée scoute, bon conseil
et en avant.
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La méthode « PPDA »
P… comme problème : tu exposes un problème ou une question à ta patrouille. P… comme possibilités : chacun de tes patrouillards expose ses idées, ses remarques, ses propositions. Il est important que toutes les idées soient dites et que personne n’ait le droit de faire de remarques négatives sur les idées des autres ! D… comme décision ; chaque idée est reprise et étudiée. Il est bon de relever les avantages et les inconvénients de chaque suggestion et surtout de vérifier si elle est scoute. Toute suggestion non scoute sera à bannir d’office. En cas de doute, se reporter à la loi ! Mais bien souvent, une solution s’imposera d’elle-même ! A… comme action : une fois la décision prise, il faut agir. On s’organise et on distribue les rôles si besoin, toujours selon les postes d’action. |
Autorité, charité, maîtres mots du CP
Cher CP

CP, tu l’es devenu à l’issue de la Cour d’Honneur du grand camp. La maîtrise t’a reconnu capable d’être responsable de 6 à 7
filles ou garçons, t’a estimé apte à vivre en chef (étymologiquement la tête), avec eux, avec elles, le beau jeu du scoutisme.
Tu es maintenant CP depuis quelques mois, tu l’es avec tes qualités et tes défauts, qui font de toi un chef unique, aimé des
tiens. « La tâche qui s’offre à toi est magnifique » mais elle est aussi exigeante. Tu dois faire preuve d’autorité, non d’une
autorité tyrannique ou despotique mais d’une autorité où le bien de tous est visé, où chacun doit pouvoir grandir. Cette autorité
n’a de raison d’être que si elle s’accompagne d’une immense charité. L’autorité te permet de conduire tes patrouillards dans
le monde, sur le chemin de la vie scoute, la charité te permet de les conduire sur la voie royale de la sainteté.
Autorité et charité ne s’opposent pas dans le scoutisme et forment les clés de voûte d’un gouvernement de la patrouille
respectueux de tous et équilibré. Si tes patrouillards sentent que tu les aimes, ils auront d’autant plus de joie à te suivre !
Si tu aimes tes patrouillards, l’esprit de la patrouille sera empreint de cette charité et ta patrouille rayonnera des dons de
chacun.
Alors voici quelques conseils concrets qui te permettront d’exercer avec autorité et charité ton service de CP :
Tout d’abord, tiens à jour un petit carnet avec une fiche sur chacun de tes patrouillards, situation familiale, études,
progression scoute… Connais personnellement chacun des membres de ta
patrouille pour être juste envers chacun.
Pratique les conseils de patrouille ! C’est le lieu d’exercice de l’autorité et de la charité. Chacun peut dire un mot
constructif pour faire avancer la patrouille, dans un climat serein. Cependant, ce sera toujours toi qui prendras les décisions,
qui dirigeras le CDP. Si chacun se sent à sa place, apprécié des autres membres de la patrouille, il aura d’autant plus de
facilités à donner son avis, à oser participer. Sois donc l’exemple de la charité en acte.
Humilité et douceur sont les deux sœurs d’autorité et de charité. L’autorité s’exerce dans l’humilité et la charité dans la
douceur.
« Ces âmes en qui la Sainte Trinité habite ou veut habiter par sa grâce, nous les respectons et nous les aimons comme le
Christ les a aimées :
Virilement, sans mièvrerie ;
Également, sans favoritisme ;
Fortement, nous savons refuser, corriger et déplaire, nous sommes libres ;
A nos dépens, temps, fatigue, intelligence, cœur, tout en nous est à leur service, sans restriction ;
Surnaturellement enfin, quels que soient leur extérieur, leur fortune ou leur sympathie pour nous. »
Père Sevin.
Dans tous les cas de figure, pense à Celui qui est le modèle de tous les CP, notre Seigneur Jésus-Christ. Inspire-toi de la
manière dont il menait la patrouille que formaient les apôtres, entre exigence et charité fraternelle. Relis, ou lis, si tu ne
le connais pas, le prologue des Méditations scoutes sur l’Évangile, écrites par le Père Sevin.
Sais-tu d’où vient le mot autorité ? Si tu es latiniste, un peu d’étymologie t‘aidera. Autorité, vient du substantif auctoritas, du verbe augere, qui signifie augmenter, faire grandir. Beau défi !
« On n’est pas un vrai scout tant qu’on n’a pas passé quelques nuits sous la toile » disait le père Sevin (alors secrétaire de
l’Office International des Scouts Catholiques) dans Le scoutisme. C’est un lieu commun, car pour n’importe qui, un scout n’est
ni plus ni moins qu’un brave garçon qui court et campe dans les bois par n’importe quel temps. Mais c’est on ne peut plus vrai !

Encore faut il que ces saines activités se fassent dans le plus pur style scout.
Pour cela il te suffit d’appliquer la technique scoute par excellence, le campisme !
Le campisme (et non le camping !) est l’art de vivre et de dormir à la scoute, en plein air, par ses propres moyens. Il exige
un équipement pratique, bien étudié, beaucoup de philosophie, de bonne humeur, de joyeuse énergie.
De rusticité aussi, me diras-tu !
Pas tant que cela ; puisque s’appuyant sur presque toutes les autres techniques scoutes, le campisme est une synthèse de tout
le savoir-faire technique de ta patrouille. Il vous permet de vous élaborer un confort sobre en activité. Sans tomber dans le
« camping », il vous permet de vous fondre dans la nature environnante sans tomber dans un confort illusoire que nous refusons.
Baden Powell était un des initiateurs du campisme. Grâce à sa grande faculté d’observation, il a su, tout au long de sa vie,
s’adapter et tirer profit des éléments qui l’entouraient, pour s’effacer dans la nature tout en la dominant et en y trouvant
un minimum de confort.
Un camp ne s’improvise pas. Autant les démarches de prise de contact avec l’environnement du lieu de camp (évaluation du terrain,
références des médecins, fournisseurs…) incombent à la maîtrise ; autant le campisme, qui est l’art de s’accommoder de la nature
que Dieu met à notre disposition pour y vivre sereinement et sainement, est ton affaire. Organisation des tâches dans la
patrouille, sens pratique dans la mise en œuvre des techniques de froissartage (inventées par M. Froissart), élaboration de la
cuisine avec goût, agrément, innovation et présentation, rangement (chaque chose à sa place et une place pour chaque chose),
propreté ainsi que camouflage des lieux de camp une fois partis. Telles sont les clés dont tu disposes pour une bonne application
du campisme et de notre idéal scout.
« On ne voit même pas où ils ont campé ! » dirent un jour à leur maîtresse les domestiques d’une dame qui les avait envoyés
remettre en état l’emplacement occupé par une troupe de scouts.
N’est-ce pas un beau défi pour ta patrouille, à chaque week-end et chaque camp ?
Cher CP,
Ça y est... nous y sommes ! Dans quelques jours nous serons sur le lieu de camp.
J'espère que ta patrouille est prête et que tes patrouillards sont motivés. Nous allons camper et vivre un camp scout. J'espère que tes scouts et
toi, tes guides et toi, vous venez pour vivre la même chose. Ce camp n'est pas une colonie de vacances, ni un grand terrain de camping, où chacun
fait ce qu'il veut. Non !
Nous sommes là pour vivre à la «scoute», nous dépasser, vivre ensemble notre loi scoute, prier ensemble, partager nos expériences, jouer… et
montrer l'exemple aux plus petits.
Le camp se déroulera bien si chacun vient dans cet état d'esprit. Si certains venaient contre leur gré pour vivre quelque chose qui ne leur convient
pas, ce serait une catastrophe. Je compte sur chaque CP et second pour épauler sa cheftaine de compagnie, son chef de troupe, au cours de votre camp.
Nous ne vivrons bien ce camp que si nous le vivons pleinement en enfants de Dieu, c'est-à-dire en mettant Dieu au coeur de toutes choses. J'engage
chaque CP à motiver les plus timides, à modérer les plus revendicatifs et à recentrer toute la patrouille sur notre loi scoute et sur le respect d'autrui.
Ton chef te fait confiance ; je me permettrai donc, juste avant cette grande aventure, de détailler le mot « confiance. » Non pas selon le « petit Larousse
», mais selon la définition des Europa Scouts.
Vous n'êtes pas sans savoir que sans la confiance on ne fait rien de bien.
Alors, comment camper pendant plus de quinze jours, si on ne peut pas avoir confiance ?
Cette confiance est bien présente dans ton cérémonial d'investiture. Et vous êtes tous investis !
Il me semble bon que chacun fasse le point sur sa manière de mener sa patrouille :
Cher CP,
Te voilà dans cette nouvelle année scoute et, même si, pour toi, la franchir n’est qu’une formalité, sois sûr d’être prêt.
En effet, que tu sois jeune ou vieux CP, tu te retrouves aux commandes d’un outil extraordinaire pour faire grandir chacun des patrouillards
qui te seront confiés. Cet outil, qu’est la patrouille, peut tous vous mener vers les plus hauts sommets, si tu en fais bon usage !
Comme tout outil, pour qu’il fasse du bon travail, il faut que l’artisan le manie avec justesse, délicatesse et qu’il le connaisse parfaitement.
C’est donc bien de cela que je désire te parler. Avant tout, il faut que tu sois sûr de l’importance de ton rôle ! Notre vieil oncle d’outre-Manche,
fondateur du scoutisme, aimait à dire que l’on crée d’abord une patrouille et ensuite une troupe ou une compagnie ! Tu es donc, si je puis me
permettre et sans que tes chevilles n’enflent trop, l’arme maîtresse du scoutisme, la personne sur qui tout repose et aussi grâce à qui tout se
construit !
En effet, ton âge t’apporte un état esprit et une indépendance qui te permettent d’avoir à la fois la confiance de tes chefs et de tes
patrouillards. Ne va pas croire pour autant que ta patrouille est ta bande et que le scoutisme est une couverture…
Bien au contraire, ta patrouille est une équipe soudée et régie par des règles bien précises ; elle doit permettre à chacun de s’exprimer, de
progresser.
Réunie autour de ton staff, elle est capable de grandes choses. L’unité et la cohésion sont ses principaux moteurs…
Comme une cordée
Pour t’expliquer cela de manière plus imagée, je vais utiliser une comparaison qui m’est chère. Ta patrouille est comparable à une cordée
partant pour une course dure, longue et dangereuse. Avant de partir, chacun vérifie que rien ne lui manque et qu’il a rempli toutes ses tâches
afin que là-haut, dans le froid et la difficulté, rien ne fasse défaut.
De même, dans ta patrouille, chacun fait son sac et prend le nécessaire pour remplir son poste d’action. Voilà une chose importante sur
laquelle tu dois veiller : que chacun ait un poste d’action et qu’il sache en quoi il consiste. Le poste d’action est pour toi un moyen pratique
d’intéresser et de motiver tes guides ou tes scouts ! Pour tes patouillards, c’est un moyen de faire fructifier des talents parfois oubliés ou tout
simplement méconnus.
De son côté, le premier de cordée étudie l’itinéraire, se renseigne sur les difficultés, sur la météo et sur tout autre danger… Il sait où il va,
il ne part pas à l’aveuglette et surtout il n’expose pas ses compagnons à des risques inutiles. C’est là que ton plus grand travail commence ! Avant
chaque activité de patrouille, tu dois faire un programme construit et réfléchi, que tu pourras adapter en cas d’imprévus.
Mais surtout, tu dois t’assurer que ton activité est bien tournée vers les 5 buts du scoutisme que je me permets de te rappeler : la santé, la
formation du caractère, le sens du concret, le sens du service, le sens de Dieu. En effet, chacune de tes activités doit développer cela chez tes
patrouillards.
Pour terminer, le premier de cordée emporte avec lui le numéro des secours, un moyen indispensable pour la sécurité de tous.
Tu dois toujours avoir avec toi le numéro de ton chef de troupe, de ton conseiller religieux, ou si tu fonctionnes en patrouille libre, de ton chef de
groupe. Ces personnes sont là pour te conseiller et t’enseigner la manière d’être chef.
Enfin n’oublie pas de confier ta patrouille à Notre-Dame des Éclaireurs.
Je te souhaite, pour cette année, indépendance et courage, ainsi que les compétences et l’humilité pour aller le plus loin possible avec ta patrouille.
Fraternel salut scout.
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Cher CP,
L’année est bien entamée et tu te projettes déjà dans les préparatifs du camp. Aujourd’hui je viens te parler d’une préparation trop
souvent négligée... Elle ne demande pas de connaissances techniques bien particulières, juste une ouverture du coeur et de l’obéissance.
Oh combien il est triste de constater que telle ou telle troupe, compagnie, se démarque le jour par un scoutisme quasi irréprochable
et la nuit par un bazar sans nom, plus ou moins organisé !
Inutile à ton âge de te faire la morale et te rappeler que le sommeil des plus jeunes est sacré…
Cependant as-tu cherché, en vérité, à comprendre pourquoi le silence de nuit, dont tu es le gardien, est vital ?
La nature n’est pas le terrain de jeu que Baden Powell nous a donné parce qu’il n’a pas su trouver mieux. Il nous l’a donnée parce qu’à
son contact, nombreuses sont les leçons que nous devons en retirer.
Lève la tête et contemple cet hôtel « mille étoiles » qui t’est offert pour la nuit. N’est-ce pas là, une première leçon de simplicité
et d’humilité ? Laisse-toi envahir par ce silence de la nuit, par ce calme et cette paix.
Les as-tu déjà ressentis ? Oui souviens toi… lors de cette veille de feu au camp dernier, c’était il y a si longtemps !
Le silence, c’est surtout ennuyant, me diras-tu.
Ne le crains pas, il n’est jamais stérile. C’est un remède efficace pour faire face à tous tes soucis de CP, de patrouille. Vouloir faire
mieux, plus, plus vite ne résout rien si tu n’as pas pris le temps d’analyser et faire silence.
Il nous apprend le sens de l’observation et remplit nos yeux et notre coeur de beau.
Arrête-toi un moment. Et tout comme la nature, la nuit puise ses sources en profondeur, protège et nourrit ses enfants. LePère se tient à
ta porte et frappe, accorde-lui ce coeur à coeur. Et souviens toi que les plus grands mystères de la Nativité et de la Résurrection ont eu
lieu dans le silence de la nuit.
CP, te voila donc gardien de ce grand mystère qu’est le silence. Enseigne-le aux plus jeunes, et protège-le !
Bon carême.
Cher CP,
Ta patrouille se trouve dans la dernière ligne droite avant le départ tant attendu en camp d’été. Pour la plupart d’entre vous ce n’est
pas votre premier grand camp en tant que scout, mais en qualité de CP peu d’entre vous ont de l’expérience. Ceux qui sont déjà passés
par là (nos grands et vénérables anciens !) vous le confirmeront : ce n’est pas sur place que tu t’organises ou que tu décides de quelque
chose ! Ce n’est pas en arrivant sur le lieu de camp que tu vas décider de tes « install », ni le jour du raid « explo » que tu vas
choisir le support de ton rapport et encore moins le jour du concours de cuisine que tu vas te poser la question du menu…
Tout cela demande une préparation minutieuse qu’il est grand temps de régler, pour que chacun puisse faire mûrir les projets établis
ensemble. Une patrouille, c’est comme une bonne bouteille de vin, plus tu laisses mûrir et transformer les idées de chacun, plus le fruit
en sera meilleur ! C’est à toi, CP, d’orchestrer cette préparation. Sois sûr que c’est elle qui fait la différence entre l’aventurier scout
que tu cherches à être et l’inconscient « baba cool » que l’on croise si souvent, hélas…
Alors, voici quelques conseils que j’ai moi-même reçu en mon temps et que je te transmets à mon tour…
Prépare minutieusement
Il est toujours plus agréable de dormir dans un endroit confortable, pratique et où chaque chose trouve sa place… Tes install doivent être
préparées à l’avance jusque dans les moindres détails. Les assemblages les plus techniques sont répétés en modèle réduit, les plans plus
généraux sont tracés sur papier pour que chacun puisse voir le résultat à obtenir. Le « nec plus ultra » est de demander à un de tes
patrouillards minutieux et précis de réaliser une maquette en allumettes ou en petits bouts de bois… Cependant laisse-toi une marge de
manoeuvre pour adapter vos projets au terrain que tu vas trouver !
Une fois installée, ta patrouille va vivre au camp et dans les alentours. Pour être sûr que le quotidien ne sera pas un calvaire, pour
savoir qui doit faire quoi et quand, il est nécessaire et vital que tu aies distribué tous les postes d’action et que chacun sache en quoi
consiste sa fonction. Il ne suffit pas de dire à un de tes patrouillards qu’il est maître-feu ou à un autre qu’il est boute-en-train ; il
faut lui expliquer les tâches qu’il doit réaliser chaque jour du camp et surtout ce qu’il doit préparer avant le départ.
Anticipe
Sur cette vie quotidienne du camp vont se greffer les activités plus ou moins classiques que la maîtrise a choisies. Et là, même si tout
ne t’est pas connu, tu peux déjà anticiper. Demande à ce que ton boute-en-train ait toujours quelques veillées prêtes « sous le coude » ;
l’idéal est de les avoir déjà répétées en week-end de patrouille ou durant une réunion ! De même pour ton rapport d’explo, essaye d’avoir à
l’avance le support que ta patrouille remplira durant son raid pour que cela soit le plus présentable possible. Certaines pages de
présentation générale peuvent déjà être remplies avec attention et originalité : surprends tes chefs !
Tu n’es pas sans ignorer non plus que le moral est au fond des gamelles. Ton cuistot doit préparer tout d’abord le menu du concours de cuisine ;
répète-le en « grandeur nature » durant une activité de patrouille pour peaufiner les temps de cuisson. Le cuistot doit aussi tout faire pour
améliorer le quotidien de la patrouille, par exemple sortir un paquet de farine du fond de la malle pour faire des crêpes le jour où tout aura
été de travers et que le moral de ta patrouille sera un peu bas. Ce jour arrivera sûrement, le but est qu’il passe le plus vite et qu’il soit
pour chacun une occasion de rebondir plus haut et plus fort…
Alors n’hésite pas à faire travailler les imaginations toujours fertiles de tes patrouillards pour transformer ta malle en boîte à trésors dans
laquelle tu trouveras la solution à tous tes problèmes.
Enfin sois certain que malgré toute cette préparation l’Aventure exaltante croisera forcément la route de ta patrouille !
Cher CP,
Tu viens de recevoir le staff de ta patrouille et bientôt tu seras investi CP… Chef donc responsable des scouts ou des guides qui te sont confiés.
Responsable devant les hommes mais surtout responsable devant Dieu. La tâche qui s’offre à toi est belle et difficile.
Alors arrête-toi un instant et songe à l’année qui commence. Cette année, tes chefs ont choisi de suivre un thème peu commun en réponse à la demande
de notre Saint Père Benoît XVI. Nous mettrons nos pas dans ceux de saint Paul. Pose-toi un moment afin de mieux comprendre le chemin qu’il te faudra
suivre à l’école de saint Paul, pour mieux y entraîner tes patrouillards.
Peut-être es-tu un peu désemparé face à ce thème, qui semble plus spirituel que scout et si loin de notre temps et de nos campements au fond des bois.
Et pourtant ! Lorsque l’on dit saint Paul, quatre mots me viennent immédiatement à l’esprit : pèlerin, apôtre, serviteur et martyr. N’est-ce pas
également ainsi que l’on doit définir un scout et a fortiori un chef ?
Pèlerin
Sac au dos, prêt au départ, le scout doit apprendre au contact de la nature à se détacher du superflu, tout comme saint Paul qui ne cessa, une fois
converti, d’arpenter les routes, détaché de tous biens matériels.
Apôtre
Dans ses écrits, saint Paul apparaît comme l’apôtre de la charité. La charité, qualité première qui doit faire un chef. « Car si je n’ai pas la charité
je ne suis rien »
Le chef doit conduire sa patrouille avec douceur et humilité. Ces vertus sont les deux soeurs de la charité qu’il ne faut pas que tu oublies.
Serviteur
« Le scout est fait pour servir et sauver son prochain ». « Servir » est aussi la devise des chefs. En tant que CP, tu devras apprendre à être au
service de tes scouts ou de tes guides. Le chef n’est pas un tyran, mais un des nôtres que l’on appelle chef parce qu’on l’a reconnu meilleur, nous dit
l’Hermine.
Martyr
Le martyr du sang est la première image qui nous vient à l’esprit… Nombreux adolescents, bercés par le côté mythique, rêvent en secret d’être de ces
exemples, de ces martyrs… mais le scoutisme nous enseigne qu’on ne se prépare aux grandes choses que par la fidélité aux petites. Le scoutisme nous
apprend l’exigence et la fidélité à notre devoir d’état, qui pour beaucoup est notre... « martyre ».
Alors efforçons-nous de nous y appliquer en bons scouts.
Tu vois, le visage de saint Paul n’est pas très différent du portrait scout idéal, tracé par des artistes tels que Joubert ! Alors laissons-le nous guider
et, mettant nos pas dans les siens, apprenons à devenir meilleurs scouts parce que catholiques… catholiques qui tendent à la sainteté.
Avanti !